Un auteur doit-il impérativement aimer ses personnage ?


08 Dec
08Dec

J'ai la chance de pouvoir de temps en temps donner des cours d'écriture (ateliers mais surtout privé) aide à l’écriture d'un roman, nouvelle, bio, etc... ça m'apporte autant à moi que ce que je tente de leur communiquer.  Il y a quelques semaines, j'étais avec un gars qui avait une idée bien précise de l'environnement de son roman qu'il venait de commencer (militaire et très masculin) mais pas vraiment de la trame et encore moins des personnages. Comme je suis plutôt cash et spontané, je lui demande du tac au tac :

 — Mais dis-moi, comment vois-tu ton personnage principal dans cette histoire? 

 — Comment ça ?

 — Ben ouais, tu le vois grand, petit, gentil ou méchant, tendre ou goujat, chaud lapin ou....

 — Je...

 — Excuse-moi de te poser cette question, mais (j'hésite un peu avant de continuer) est-ce que tu aimes tes personnages?

 — Comment ça?

 — Ben oui, est-ce que tu te sens proche d'eux ? Est-ce que tu as envie de mieux les connaître?

 — Je sais pas!

 — T'as pas la moindre envie de mieux les connaître?

 — Ben, j'y ai pas pensé. Maintenant que tu me le dis comme ça. C'est pas bien?

— Ça me surprend surtout. Écoute Scott, si tu veux approfondir tes personnages, il faut que tu les aimes un minimum. Sinon à quoi bon. Même ceux qui sont antipathique. Même les très vilains. En tant qu'auteur, il te faut avoir du plaisir à les retrouver, même si c'est pour les disséquer au sens propre comme au figuré.

 — Ah! 

 — Et c'est tout ?

 — Je ne sais pas quoi dire...

Je suis resté un peu couac devant si peu d'enthousiasme à vouloir décrire un peu plus ses personnages. Mais surtout, je suis resté très surpris qu'un auteur, même débutant, puisse avoir si peu d'intérêt pour ses personnages. Je ne lui demandais pas une analyse psychologique approfondie, juste de les aimer assez pour avoir envie de mieux les dépeindre. 

 Personnellement, je pense qu'il nous faut aimer nos personnages pour pouvoir avancer dans un roman. Avoir envie de les retrouver au plus vite, se laisser surprendre car pour ma part, je me fais souvent avoir par mes propres personnages. J'ai écrit l'histoire d'un jeune criminel bien pervers et tordu comme il faut et je n'ai jamais eu autant de plaisir à retrouver ce personnage. À avoir envie de mieux le connaître.

 Êtes-vous de mon avis? Pensez-vous qu'il faille les aimer un minimum pour écrire quelque chose de bien ? Ou est-ce que je débloque ?

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